Le Mas d’Agenais

JPEG - 28.3 ko
Point de vue du Mas d’Agenais

Blotti au sommet d’une terrasse calcaire dominant la vallée de la Garonne et le Canal, le Mas d’Agenais est l’un des plus anciens villages du Lot-et-Garonne. Occupé dès l’époque Gallo-romaine, le site compte plus de 2000 ans d’histoire et a livré des trésors inestimables tels que la Vénus du Mas d’Agenais et le Christ en Croix de Rembrandt.
Au fil de sa longue histoire, le village du Mas d’Agenais a changé trois fois d’emplacement. L’occupation primitive, entre le Ier et le IIIe siècles est située à l’ouest du bourg actuel et prend le nom d’Ussubium. Puis le site se déplace à son emplacement définitif et devient Pompéjacum, nom qu’il gardera jusqu’au XIe siècle où le nom "Le Mas" apparaît pour la première fois.

JPEG - 12.7 ko
Le Mas d’Agenais - La Venus du Mas

Parmi les divers éléments de la période gallo-romaine qui nous sont parvenus, on peut découvrir dans l’église du village un cippe votif portant une inscription en latin évoquant la déesse tutélaire d’Ussubium. Le cippe a été transformé depuis en bénitier. Mais le plus beau fleuron de cette époque est sans aucun doute la statue dite « la Vénus du Mas ». Œuvre grecque de l’école de Praxitèle et datée du Ier siècle av. J.C, elle fut découverte en 1876 et déposée depuis au Musée d’Agen. Il se murmure enfin que l’écho de la petite fontaine dite de Galiane résonne depuis au moins 2000 ans en contrebas du village. Elle alimente aujourd’hui un beau lavoir à toiture à 5 pans.

L’histoire du village est directement liée au mythe de Saint Vincent d’Agenais, Diacre et martyr aquitain qui emprunterait son existence à celle de Saint Vincent de Saragosse. Selon certains textes, une première basilique bâtie au Ve siècle abritait les reliques du saint qui faisaient l’objet d’un pèlerinage. Elle aurait été détruite par les envahisseurs normands.

Les richesses du Mas d’Agenais :

C’est en 1085 que fut entreprise la construction de l’église actuelle qui fut achevée 40 ans plus tard. Elle fut, comme la basilique précédente, érigée en collégiale dont le prieur administrait directement le village et détenait les trois mains de justice (haute et basse justice, droit de prélever des taxes) dont les symboles furent repris lors de la création du blason au XXe siècle.

JPEG - 35.5 ko
Le Mas d’Agenais - collegiale

L’église de style roman adopte le plan bénédictin avec une abside cantonnée d’absidioles, un transept et une nef à trois vaisseaux. L’ensemble a été sévèrement restauré par les architectes Abadie et Violet le Duc au XIXe siècle. La sculpture emprunte ses formes au courant de l’art roman languedocien et de la Saintonge.

A l’origine, l’édifice présentait une flèche effilée couverte d’ardoises semblable à certains clochers vendéens ou bretons. Menaçant ruine, elle a été détruite au XIXe siècle et présente aujourd’hui un aspect tronqué.
Le mobilier de l’église est d’une rare richesse, rehaussé par la présence de l’œuvre d’un des plus grands génies de la peinture, Rembrandt. Son Christ en croix daté de 1631 est parvenu au Mas par des chemins détournés. Acheté à une vente aux enchères au début du XIXe siècle, il appartenait à l’origine à une série de tableaux commandés par le Prince hollandais Frédéric Henri d’Orange Nassau. Les tableaux complétant la série sont exposés à la Pinacothèque de Munich.

JPEG - 26.3 ko
Le Mas d’Agenais - La Halle au blé

Au Moyen-âge, le village était entouré d’un mur de clôture en briques percé de cinq hautes portes dont seule celle contiguë à un petit château seigneurial nous est parvenue. Obsolète et ruiné, le château fut détruit au XVIIe siècle et ses poutres remployées pour construire la halle au blé, destinée à abriter le florissant marché hebdomadaire du village qui se tient tous les jeudis matin.

JPEG - 23.2 ko
Le Mas d’Agenais - Pont

Jusqu’au début du XIXe siècle, seul un passeur permettait aux habitants de relier les deux rives de la Garonne. Un pont suspendu à péage fût bâti en 1840 et rénové pour l’adapter aux contraintes du trafic du XXe siècle.

De nos jours, la halte nautique sur le canal de Garonne, la voie verte, les randonnées pédestres et les circuits de cyclotourisme qui traversent la vaste forêt font du Mas d’Agenais une destination de choix pour la navigation de plaisance, les amateurs de VTT et les balades à pied.
L’été, le village propose de nombreuses animations telles que les Foulées des matins verts qui relient la bourgade à la ville voisine de Tonneins au mois de juin.