Rencontre avec Yveline Luchesi

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Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis comédienne depuis mes 18 ans, j’ai fait les beaux-arts, j’ai œuvré à Marseille jusqu’à ma venue à Grateloup St Gayrand fin 2006 où je suis devenue agricultrice. Je suis aussi la présidente de l’association Artgriculture-cultivacteur qui fait le lien avec ce que je suis. L’asso tourne autour de 3 pôles : L’artistique, le développement personnel, et la protection de l’environnement. C’est mon moteur.
Mon rêve d’enfant était de devenir bergère et j’ai pu le concrétiser avec mon mari à notre arrivée en Val de Garonne. Je me suis formée au métier de l’agriculture. Nous avons acquis des terres et un troupeau de moutons. Je ne suis pas fermière mais je me qualifie de ce beau nom de paysanne. 
Mon quotidien, entre autre, c’est l’élevage des brebis. Tout au long de l’année, avec un surcroît de travail de novembre à mai car cela correspond à la période où il faut les nourrir en attendant que l’herbe repousse. C’est le moment aussi des agnelages échelonnés souvent de novembre à mai. Je suis en agriculture BIO, mes brebis sont élevées pour la viande d’agneau. IL y a également, géré par l’association, un meublé de tourisme que j’ai rénové moi-même à la suite du décès de mon mari. J’ai gardé le côté artistique avec les expos et rencontres régulières que nous organisons avec l’association ici, à la ferme du temple.
Ce projet me tenait à cœur depuis plus de 30 ans ; œuvrer en milieu rural au niveau artistique et animer un lieu où l’on peut recevoir des artistes en création, car je sais qu’il peut être onéreux de trouver des lieux pour travailler quand on est artiste. Être agricultrice avec un passé d’artiste m’a permis de faciliter le lien entre le milieu rural et les artistes. Je sais que les frontières sont parfois difficiles à franchir d’où mon investissement. Mon ambition est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de fossé entre ces deux mondes, de faciliter les rencontres entre artistes et agriculteurs et de drainer les gens de la ville vers nos campagnes pour qu’ils découvrent la vie en milieu rural, la réalité d’un agriculteur.
Enfin, ici, j’ai les pieds sur Terre et la tête dans les étoiles !

Pourquoi avez-vous choisi le Val de Garonne ?
Je suis arrivée ici avec une certaine saturation de la ville et une grosse envie de verdure. Je connaissais déjà le Lot et Garonne puisque, à mes 18 ans, j’ai effectué un stage dans un haras à Sérignac Péboudou. Pour notre projet, nous recherchions des terres cultivables où construire notre maison et, dans le Sud Est, l’immobilier était inabordable et, de surcroit, il y avait peu de terres agricoles. C’est pourquoi nous nous sommes retrouvés ici et j’en suis très heureuse. Cette atmosphère est très paisible. La présence des animaux est très importante.

Quel est l’endroit que vous recommanderiez en Val de Garonne ?

Tous les coteaux autour de Grateloup St Gayrand sont magnifiques avec les moulins et tous les points de vus.

Quelle a été votre plus belle rencontre en Val de Garonne ?

Mes voisins sont devenus mes amis. J’ai rencontré de très belles personnes. Ils nous ont très bien accueilli et m’ont soutenu durant les périodes difficiles. Ce sont des personnes qui comptent. Ici les personnes ont une belle curiosité de l’autre. Je trouve de la fantaisie chez les agriculteurs, un côté poète !
Si je devais citer une personne ce serait Anne Ragel qui expose actuellement dans mes locaux. Nous avons une grande complicité artistique et elle connaît bien le milieu agricole.

Et si le Val de Garonne était une saison ?

Le printemps, avec les camaïeux de verts et la lumière particulière du soleil.

Et si le Val de Garonne était un plat, une spécialité gastronomique ?

Le pruneau ! Avec de l’agneau et des légumes c’est très bon !

Et si le Val de Garonne était un animal ?

Le chevreuil.

Et si le Val de Garonne était un pays ?

Je pense à l’Italie, ce sont mes origines et ici il y a quelque chose de la Toscane avec le climat (d’ailleurs nous avons planté des oliviers) les paysages et la nature du sol. De plus, après les nombreuses vagues d’immigration, que le territoire a connue, il y a pas mal de personnes ayant des origines italiennes ici.

Et si le Val de Garonne était une couleur ?

Les camaïeux de verts mais aussi les jaunes et rouges de l’automnes.

Et si le Val de Garonne était un arbre ?

Le peuplier noir, le peuplier ancien.
Ce que j’adore avec cet arbre, c’est son frétillement quand il y a du vent. Le scintillement de ses feuilles avec la lumière du soleil.

Et si le Val de Garonne était une fête ?
Les marchés producteurs de pays. C‘est très convivial et festif. Ce genre d’animation n’existait pas dans le Sud Est lorsque je l’ai quitté.

Si le Val de Garonne était une utopie ?

Que ce potager de France soit respectueux de la nature et de l’humain. Que toutes les personnes puissent vivre de façon descente, que tout le monde ait un toit et puisse se nourrir dans un environnement préservé en AB.

Quel est votre plus beau souvenir de vacances ?

J’en ai plein !
Le premier en Algérie au début des années 80. J’étais étudiante, nous sommes allés rejoindre un ami qui était coopérant et ainsi nous avions pu rencontrer les habitants du pays facilement. Nous avons été accueillis les bras ouverts ! C’est un très beau pays aux paysages changeants. J’avais 25 ans et ce voyage a suscité de véritables prises de conscience. J’ai compris notamment la richesse d’avoir de l’eau courante car, à l’époque, il y avait des heures pour pouvoir avoir de l’eau…
Le second souvenir de vacances est un voyage en Irlande qui était pauvre à l’époque. Le tourisme n’était pas encore très développé. L’accueil et la curiosité de l’autre chez les Irlandais m’ont plu mais aussi les paysages verts et sauvages du pays.

Et s’il y avait une photo à faire, ce serait… ?

Les couchers de soleil derrière St Gayrand !

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