Tonneins

Avec près de 10 000 habitants, la ville de Tonneins s’étire le long de la Garonne dont elle épouse la rive droite sur plus de deux kilomètres de long. Si elle sut tirer avantage de sa proximité avec le fleuve, Tonneins est surtout restée célèbre pour son passé industrieux, dominé jusqu’à une époque récente par la culture du chanvre et du tabac.

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Tonneins - Quais de la Garonne

De par sa situation privilégiée entre fleuve et coteau, le site de Tonneins fut occupé dès l’époque antique. Deux bourgades très proches l’une de l’autre et fondées au Haut Moyen-âge sont à l’origine de la cité actuelle. Tonneins dessous fût bâtie sur une élévation rocheuse le long de la Garonne tandis que Tonneins dessus fut créée peu après en amont du fleuve. Elles appartenaient à deux baronnies et paroisses différentes, l’église de Tonneins-Dessous était sous le vocable de Notre-Dame de Mercadieu tandis que celle de Tonneins-Dessus était sous celui de Saint-Pierre.
Les deux cités eurent à souffrir lors de la guerre de Cent ans et bien plus encore lors des guerres de Religion. Terres d’asile pour les Protestants au XVIe siècle, elles en devinrent rapidement un centre important et reçurent dans leurs murs Jeanne d’Albret et Henri de Navarre, futur Henri IV.

Durant les révoltes du début du XVIIe siècle, le caractère insoumis des deux Tonneins leur valut d’être rasées par les armées royales en 1622. La seule demeure épargnée serait l’imposante maison du passeur, toujours visible de nos jours sur les quais de la Garonne. Les deux cités furent ensuite peu à peu reconstruites par les Tonneinquais.

Vers la fin du XVIIe siècle fut créée une taxe sur les armoiries destinée à financer les travaux du château de Versailles. Ne possédant pas d’armoiries, les habitants des deux Tonneins eurent la surprise de s’en voir attribuer une d’office. Déçus par les blasons qu’on leur avait imposés, les Consuls de Tonneins-dessous optèrent finalement pour une feuille de Lys surmontant deux tours sur un fond d’azur, ceux de Tonneins-dessus trois étoiles surmontant un croissant sur fond vert. Les deux blasons ont depuis été réunis en un seul.

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Tonneins - Manufacture royale à tabac

Au tout début du XVIIIe siècle, la culture du chanvre permit le développement de nombreuses corderies, mais c’est la production de tabac, pratiquée dans la région depuis la fin du XVIe siècle, qui prit véritablement son essor avec la création en 1721 d’une manufacture royale. Bâtie le long du fleuve, elle employait 1200 personnes et produisait notamment de la poudre à priser et de la chique à mâcher. Le corps de bâtiment principal subsiste toujours en bord de Garonne. L’expérience des ouvriers, la qualité de la terre de la plaine alluviale et l’atout du port sur la Garonne, rendirent la ville célèbre pour la qualité de sa production et firent de Tonneins « la ville du tabac ».

Peu après la révolution, la fin des Fermes générales entraîna la création de cinq manufactures privées. C’est durant cette période que furent réunies dans une même commune les deux Tonneins qui, sous la Convention, prit un temps le nom de Tonneins-la-Montagne avant de devenir simplement « Tonneins » après 1795.

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Culture du tabac

En 1875, la renommée du tabac de Tonneins fut telle que le gouvernement de l’époque créa une imposante manufacture comportant un bâtiment de production de 350 mètres de long pour 150 de large ainsi qu’un pavillon dévolu à la direction et bâti dans un vaste parc.

Mais la concurrence du tabac blond et la fin du monopôle de fabrication des cigarettes en 1976 entraîna le lent déclin de la production de la manufacture de Tonneins qui ferma définitivement en 2000. Ce vaste ensemble est aujourd’hui en attente d’un nouvel avenir.

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Tonneins - Marché de l’été

Depuis peu, les productions de tabac et de chanvre renaissent et tendent à se développer. La ville, dynamique, est animée tout au long de l’année par de nombreuses manifestations, aussi bien sportives que festives.

Les quais surplombant la Garonne d’une vingtaine de mètres s’étirent longuement le long du fleuve. Jalonnés par l’ancienne manufacture royale et le vieux lavoir, ils offrent une belle promenade que l’on peut poursuivre sur l’autre rive en prenant le pont construit au début du XXe siècle.

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Tonneins - Les roches du Reculay

Sur cette rive gauche, en amont, se trouve le petit cimetière de Saint Germain. Ces tombes anciennes rappellent l’existence de l’antique paroisse Saint Germain de Rivière, créée au VIème siècle et dont l’église a malheureusement disparu.

Plus loin, une belle aire de pique nique permet de découvrir les spectaculaires roches de Reculay qui barrent de leur masse sombre le lit du fleuve. Un chenal, creusé au XIXe siècle dans la rive gauche et long de 800 mètres, permettait aux bateaux de transports de contourner cet obstacle infranchissable qui fait aujourd’hui le bonheur des kayakistes amateurs de sensations fortes.

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Tonneins - Canoë sur la Garonne